Jean-Pascal BREDENBAC, Photographe


Le photographe s'est vu attribuer une gloire d'artiste-sorcier chimique et technologique...alors j'ai choisi d'être photographe. Sans l'obligation de représentation du monde réel, l'artiste est devenu plus libre et plus humain...alors j'ai choisi d'être artiste.

Je travaille sur du métal en quelque sorte photosensibilisé (à la manière des anciens daguérotypes) que je laisse simplement rouiller pour le développer. En s'oxydant le métal révèle une image photographique que je peux travailler durant son apparition. L'oxydation peut durer quinze jours à trois semaines durant lesquelles je "dialogue" avec l'image. La rouille s'inscrit de façon aléatoire sur le métal alors j'efface l'image par indroits ou interviens en grattant, brossant, ponçant le métal. Mon intervention s'inscrit dans la matière durant le temps de développement, voilà pourquoi il y a une liaison intime entre mon travail plastique et mes photos.

J'ai choisi la rouille, terrain chimique (obligatoire pour la photo) mais naturellement plastique, pour cette conciliation. En travaillant sur l'oxydation du métal, je propose un nouveau terrain d'expérimentation où la réalité du modèle (cette prétention qu'a la photo à être la vérité) et mon interprétation subjective se mêlent étroitement.

Nous sommes à présent envahi d'images et la "sorcellerie" de la technique photographique a cessé d'émerveiller. Les photographes doivent parler d'autre chose. S'il n'y a plus de magie à exploiter, plus de prouesses techniques ni de grandes virtuosités à démontrer, il reste les rêves et les fantasmes à explorer.

Photographers became magicians in the chemistry and technology of Arts... so I wanted to be a Photographer. Freed of the limits of representing the real world, artists have beenn becoming more adventurous and more human... so I wanted to be an Artist.

I work with "photo-sensitised" metal (in the manner of the old daguerreotypes) what I leave to develop simply by rusting. The oxydation reveals a photographic image I can work on while appearing. Taking from two to three weeks of time, I can then "communicate" with the image. The rust attacks the metal in random fashion so I erase parts of the image or I scrape, brush and abrade the metal. I write into the material during the development, creating an intimate relationship between my "painting" and my photos.

This amalgam led me to choose rust, being a chemical medium (essential to photography) and at the same time naturally plastic. By working on the oxydation of metal, I offer a new experimental medium where the realism of the model (as claimed by photography) and my subjective interpretation are inseparably linked.  

                                          Nowadays, we keep on being invaded by images, and the magic of the photographic technique has ceased to amaze. Photographers have to talk about something else. If there's nomore magic side, no technical wizardry nor great skills to prove, dreams and fantasies are still there to be explored.